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les entreprises françaises ont bien du mal à respecter écologie et Droits humains(2)

Publié le par road-movie

Zone protégée : LAFARGE ne savait pas...

Lafarge peut de nouveau exploiter les mines du nord-est de l'Inde

La Cour suprême indienne a autorisé le géant français Lafarge à reprendre ses activités dans le nord-est de l'Inde après 17 mois d'interdiction pour des raisons environnementales.

L'exploitation des mines de calcaire par le groupe français de matériaux de construction Lafarge va reprendre dans l’Etat Meghalaya (nord-est), l'interruption provoquée par la signature d’une pétition par des activistes locaux.

L'annonce de la reprise des activités est une excellente nouvelle pour Lafarge, dont le calcaire indien est directement envoyé dans son usine Chhatak au Bangladesh où il est utilisé pour fabriquer du ciment.


Une exploitation « scientifique »
L'annonce de l'arrêt d'exploitation des mines indiennes en février 2010 avait engendré une dégradation des relations entre les deux pays voisins. Elle signifiait en effet un arrêt complet de l'activité de l'usine de Chhatak, qui représente plus de 10% du marché du ciment du pays, puisque le calcaire indien était son unique source d'approvisionnement.

Lafarge exploitait les cent hectares de mines indiennes depuis 2006 mais en début d'année un groupe d'activistes locaux, le Shella action Committee, avait déposé une pétition dénonçant les impacts environnementaux et le fait que la firme n'avait pas les autorisations nécessaires à l'exploitation d'une zone forestière. La Cour suprême avait par conséquent décidé en février 2010 de faire cesser toutes ses activités au groupe français.

La "Cour des forêts", composée de trois membres de la Cour suprême, a néanmoins décidé jeudi de lever cette interdiction d'exploiter les mines. Elle a montré que l'entreprise avait obtenu les autorisations du ministère de façon légitime et qu'elle ne savait pas que la zone était forestière - et donc protégée.

La Cour a par ailleurs avancé de nombreux arguments en faveur du projet du groupe : Lafarge crée des emplois dans la région puisque 300 personnes environ travaillent à l'exploitation des mines "un cas unique dans la région du nord-est", a-t-elle précisé; "l'exploitation du calcaire est pratiquée depuis des siècles dans cette zone et c'est une activité qui fait partie de la culture locale", a-t-elle ajouté; enfin, l'exploitation minière de Lafarge est "scientifique", c’est à dire qu’elle utilise des technologies qui minimise les risques environnementaux.

Une décision géopolitique ?

Les relations avec le Bangladesh ont sans doute pesé dans la décision de la Cour suprême indienne. Au moment où l'Inde souhaite resserrer ses liens avec son voisin et où le Premier ministre indien a fait une gaffe, accusant en off les Bangladeshi d’être "d'anti-indiens", lors d’une conférence de presse, cette décision pourrait être un moyen pour l'Inde de réchauffer les relations bilatérales avant la visite de Manmohan Singh à Dacca, prévue en septembre.

Lafarge n'est qu'un exemple parmi d'autres de multinationales rencontrant des difficultés en Inde, pour des questions environnementales ou autres. Le géant sud-coréen de l’acier Posco fait face depuis un mois à l'opposition de la population locale en Orissa (est), qui manifeste contre la construction d’un vaste complexe sidérurgique sur ses terres. Ce projet représente le plus gros investissement étranger en Inde à ce jour.

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