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Accaparement de terre : la mobilisation paysanne l’emporte en Orissa

Publié le par road-movie

Depuis quelque temps, c’est officiel, l’industriel POSCO se retire de l’État d’Odisha. C’est la victoire de 12 années de lutte paysanne contre ce grand projet industriel qui a mis à mal le mode de vie de toute une région et privé des milliers de familles de leurs terres.

C’est une victoire contre l’invasion d’un géant mondial de l’industrie capitaliste qu’est POSCO en connivence avec le pouvoir central du gouvernement.

En début d’année 2017, la société POSCO a écrit au ministère de l’Industrie d’Odisha pour céder les terres que l’État lui avait allouées en 2005 afin d’installer une exploitation minière et un port commercial. L’installation de cette entreprise sidérurgique sud-coréenne menaçait les terres de milliers de familles, son retrait est une victoire pour toutes celles et ceux qui se sont mobilisé·e·s contre cet accaparement de terres.

Depuis 2005, des populations paysannes de l’État d’Odisha à l’est de l’Inde se mobilisent contre les projets de POSCO. L'installation de cette multinationale, dont le coût était évalué à 12 milliards de dollars, était une des plus grandes opérations d’investissement direct étranger (IDE) que l’Inde ait jamais connu. Conséquence de ce projet : plus de 2000 familles ont été privées de leurs moyens de subsistance.

Dès le début, 4000 familles se sont réunies contre le projet et ont mis en place le PPSS, un collectif local « anti-POSCO ». Le mouvement a entamé des manifestations pacifistes et démocratiques face à la répression violente des autorités (arrestations violentes, champs et maisons incendiés, brutalités policières contre des manifestant·e·s pacifistes…) qui visait à effrayer la population.

Une victoire contre la fausse propagande

La lutte s’est intensifiée à partir de mars 2013 lorsque trois activistes du mouvement PPSS ont trouvé la mort, lors de l’explosion d’une bombe dans le village de Patana. Pour le PPSS, ce départ de POSCO « n’est pas simplement une victoire pour [leur] peuple [les Adivasis] mais plus largement c’est une victoire pour tous les paysan·nes, les pêcheur·se·s et les habitant·e·s des forêts qui se sont battu·e·s démocratiquement pour protéger leurs terres, leur mode de vie et leur environnement. C’est une victoire contre la fausse propagande, l’intimidation, les fausses accusations, et les menaces d’expulsion forcée ».

À ce jour, plus de 2 000 mandats d’arrêt ont été utilisés contre la population et plus de 400 fausses plaintes contre des hommes et des femmes ont été enregistrées au centre de police de Kujang. Il y a aussi de multiples cas où la police et les hommes de main de POSCO ont installé une aire de terreur dans la région. Jusqu’à aujourd’hui, beaucoup de villageois ne pouvaient pas sortir de leur village même s’ils devaient être hospitalisés d’urgence à cause des menaces d’arrestation. L’utilisation de fausses accusations et de l’intimidation par le gouvernement local maintient les injustices et ruine la démocratie dans notre pays.

Nous condamnons fortement la décision du gouvernement d’Odisha de garder les terres qui avaient été accaparées au profit de POSCO.

Nous exigeons du gouvernement d’Odisha de :

1. Rendre immédiatement et sans heurt les terres prises à leurs propriétaires.
2. Rémunérer pour des raisons humanitaires les familles des personnes qui ont été tuées et d’apporter une aide médicale appropriée pour les blessées.
3. Reconnaître nos revendications sur les droits sur les terres forestières selon la FRA de 2006.
4. Lever les fausses poursuites et les fausses affaires contre les villageois et les activistes.
5. Donner des compensations aux familles qui ont vu leurs plantations de bétel détruites par le gouvernement.

Un mouvement de soutien en France

Au début, la lutte contre le projet de la société sud-coréenne était peu médiatisée. Les activistes locaux avaient des difficultés à lutter contre ce géant industriel soutenu par le gouvernement local. La présence de bénévoles de l’association SOL, dans cette région, a permis de faire parvenir l’information jusqu’en France. En 2012, SOL et ActionAid France ont participé à la création d’un mouvement de soutien en France avec d’autres ONG, suivi par la formation d’un collectif européen de soutien. Ces actions ont eu un impact en Inde en redonnant aux activistes un appui pour porter leur voix au niveau national et faire pression sur le gouvernement fédéral.

Depuis 2 ans déjà la construction était à l’arrêt mais les paysan·ne·s n’avaient pas encore pu accéder à leurs terres. Aujourd’hui, ce projet démesuré et impopulaire ne verra pas le jour ! Nous devons cependant rester mobilisé·e·s, jusqu’à ce que les accusations soient retirées et que toutes les familles dépossédées retrouvent leurs terres, ces terres qui leur appartiennent.

SOURCES :

http://www.peuples-solidaires.org/

www.sol-asso.fr 

                          

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