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Chennai, la quatrième ville du pays est sous les eaux...

Publié le par road-movie

Chennai, la quatrième ville du pays est sous les eaux...
La région du Tamil Nadu, à l'extrême sud-est de l'Inde, fait face depuis le 1er décembre aux plus fortes précipitations depuis plus d'un siècle.
Cette catastrophe a montré les limites du gouvernement, mais également la solidarité dans un pays où les conflits entre hindous et musulmans ont la vie dure.

Deux maux frappent l'inde, le réchauffement climatique et l'urbanisation incontrôlée...

325 morts, des centaines de blessés et des dizaines de disparus. Le bilan est lourd après les inondations de Chennai. De pluies diluviennes ont inondé de nombreuses zones. Les routes étaient coupées et des milliers de personnes se sont retrouvés bloqués chez eux tandis que d’autres se pressaient vers les aéroports et les gares en provoquant une panique générale avec des bousculades à la clé. Les eaux sont montées à une vitesse foudroyante tandis que les autorités n’arrivaient même plus à alerter la population sur les zones à évacuer. Un officier de police raconte que s’il déclenchait une alerte dans un district, alors il y avait près de 15 zones qu’on devait prévenir dans l’heure qui suivait.

Alors que les pluies continuaient sur Chennai, les magasins ont été pris d’assaut. Les vivres ont manqué pendant plusieurs jours. Des personnes bloquées sur leur toit ont dû survivre avec de l’eau de pluie. D’autres se réfugiaient à la gare ou à l’aéroport. Mais ces derniers ont été également touchés par les inondations. Abhik Thapa est un étudiant qui est passé de Charybde en Scylla. Il est arrivé du Népal il y a quelques mois et il est l’un des survivants du tremblement de terre du Népal. Il est resté bloqué avec d’autres étudiants dans un hôtel pendant plusieurs jours. Ils ont tenté de traverser plusieurs quartiers pour atteindre l’aéroport. Parfois, la route était praticable, mais on ignorait si ça allait tenir la durée de la traversée. Abhik est retourné au Népal en estimant qu’il a vu des choses bien pires à Chennal que pendant le tremblement de terre au Népal.

En général, on se précipite vers les hôpitaux en cas d’inondations. Mais disons que les choses ont pris une autre tournure pour l’hôpital MIOT de Chennai. Une panne de courant a provoqué la mort de 18 personnes à cause de l’arrêt des appareils. Les patients racontent que les médecins de l’hôpital se sont enfuis en courant dès qu’on a su que la panne de courant est générale et qu’il faudrait attendre plusieurs jours avant d’espérer les secours. Les patients se sont retrouvés à s’éclairer avec des bougies et à manger tout ce qu’ils trouvaient à leur portée. De l’eau de pluie qu’ils ont collectée, des barres de chocolat provenant de la cantine de l’hôpital. Les groupes électrogènes ont été emportés par le personnel pour alimenter leurs propres maisons. Sans une partie du personnel, principalement les infirmières, les patients estiment qu’ils n’auraient pas survécu. Pire encore, l’hôpital a tenté de cacher les morts provoqués par la défaillance de l’électricité et de la négligence du personnel et il a fallu l’intervention de la police pour que ça ne tourne pas à l’émeute. Les autorités ont déclaré que l’hôpital doit rester fonctionnel même dans les pires catastrophes et que ces médecins, qui ont abandonné lâchement leurs patients, devront rendre des comptes à la justice.

Les secours ont tenté de s’organiser, mais les inondations ont été fulgurantes. Les résidents de Chennai racontent qu’il a fallu 2 jours pour que le gouvernement envoie les premiers secours. Les premiers camions se sont trompés de destination alors qu’il y avait des personnes qui n’avaient pas mangé depuis des heures. Dans d’autres cas, la distribution des secours était totalement déséquilibrée. On a eu des villages proches de Chennai qui ont reçu des tonnes de nourriture tandis que les villages voisins criaient famine. Et on a dû jeter une partie des aliments puisqu’ils étaient très périssables.

Dès que les eaux ont commencé à monter, certains survivants se sont réfugiés dans les hauteurs et les immeubles. Mais les immeubles ne sont pas aux normes de construction et les petites fuites se sont transformées en torrent. Vikesh, étudiant de 23 ans raconte : "On était au 4e étage et on avait assez de vivres pour plusieurs jours. On pensait qu’on était en sécurité. Et on a vu de l’eau qui entrait par la porte, on a ouvert et des torrents se déversaient par les fuites au plafond et les canalisations qui avaient explosé. On a dû redescendre en catastrophe en abandonnant toutes nos affaires."

Chennai est une ville qui a beaucoup souffert de la guerre entre les hindous et les musulmans. Dans de nombreux quartiers, les hindous refusent de louer à des musulmans. On estime que près de 13 mosquées ont été détruites à cause des émeutes successives qui ont eu lieu ces 10 dernières années. Mais ces disputes ont disparu avec les inondations. Les mosquées et les temples sont devenus les principaux abris. Des musulmans et des hindous ont apporté des vivres et ils ont transporté une grande partie de la population à l’abri. La plupart des survivants s’accordent à dire que le gouvernement les a totalement abandonnés, mais ce sont ceux qu’ils considéraient comme des ennemis qui sont venus les aider. La solidarité était également très forte dans les réseaux sociaux où des chaines se sont formées pour apporter des vêtements et des vivres.

Les inondations de Chennai montrent tout le paradoxe de l’Inde. Un pays qui prétend à la modernité, mais dont les infrastructures n’ont pas été améliorées pendant des siècles. On a également un gouvernement central qui est totalement à la dérive et sans l’organisation spontanée de la population, une grande partie des survivants ne serait plus en vie pour raconter leurs histoires.

SOURCE :http://www.agenceinfolibre.fr/

Pour Madhavan Rajeevan, directeur de l'institut indien de météorologie tropicale, il s'agit d'un effet direct du réchauffement climatique : « Nous avons relevé que ces précipitations de mousson sont de plus en plus fortes depuis 20 à 30 ans. Le nombre de jours de pluie diminue, mais quand il pleut, c'est beaucoup plus intense. Cela peut être attribué au réchauffement des océans qui entraine une plus grande évaporation et donc plus de pluie ».

De fortes pluies avaient déjà frappé la région le mois dernier, ce qui avait rempli les nappes phréatiques. Mais surtout, l'urbanisation maladroite a empiré ce problème : la quasi totalité des lacs et réservoirs de Madras ont été recouverts, ce qui empêche l'écoulement des eaux. (source RFI)

CHENNAI décembre 2015
CHENNAI décembre 2015

CHENNAI décembre 2015

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